Objective

L’objectif de l’École d’évangélisation transformatrice est d’encourager les Églises membres participantes à repenser ensemble la mission et l’évangélisation, et à réfléchir à la signification d’une évangélisation transformatrice.
Cet objectif a été atteint grâce à des ateliers participatifs, des tables rondes et des études bibliques contextuelles.
L’évangélisation transformatrice remet en question le statu quo ; elle est profonde dans la mesure où elle va à la rencontre des individus et des communautés là où ils se trouvent, comme l’illustre l’exemple des Géraséniens, où Jésus s’est rendu pour atteindre une région et un individu que personne d’autre ne voulait atteindre. Il s’agit de dépasser les frontières et de sortir de sa zone de confort, en reconnaissant que chacun est créé à l’image de Dieu et mérite d’être aimé et pris en charge. Il s’agit d’une restauration holistique qui prend soin de la personne dans son ensemble.
Sessions et thèmes
1. Études bibliques contextuelles

La révérende Alice Fabian-Williams a animé trois sessions d’études bibliques contextuelles sur le thème « Que dira l’histoire de nous ? ». Elle s’est appuyée sur les récits de l’homme possédé par un démon, de la guérison de la femme malade et de la fille de Jaïre dans Marc 5, des avertissements contre les docteurs de la loi, la destruction du temple et les signes de la fin des temps dans Marc 12 et 13, ainsi qu’une étude du livre d’Amos basée sur “Tears of Things” de Richard Rohr, elle a encouragé les participants à réfléchir à l’héritage que nous laisserons en tant qu’individus et en tant qu’Église. Cette réflexion a également mis en lumière la manière dont chaque participant et ses Églises membres peuvent contribuer à démanteler le système, à dénoncer le mal et à se tenir aux côtés des faibles et à les défendre.
Personnellement, ces études m’ont incité à réfléchir à ma propre approche de l’étude de la Bible et à la manière de la rendre pertinente non seulement pour les autres et pour l’Église, mais surtout pour moi-même. Je me suis tellement engagé que j’ai décidé de ne plus rester neutre, de m’investir dans l’étude de la Parole et d’apporter des changements modestes mais significatifs autour de moi. Cette étude m’a encouragé à créer un groupe d’étude biblique dans ma paroisse pour l’année à venir et à aider les gens à s’engager davantage dans la Parole, en les encourageant à ne pas avoir peur de poser des questions. Ensemble, nous pouvons permettre au Seigneur et à l’Esprit de révéler la vérité qui nous rend libres.
2. Tables rondes
Nous avons organisé plusieurs tables rondes et présentations, qui ont permis à chaque participant d’aborder divers sujets dans son propre contexte.
a. Mission dans le contexte de l’empire
Nous avons exploré comment, en tant qu’Église, nous sommes appelés à identifier les empires dans notre contexte et si, comme les pharisiens et les dirigeants du peuple, nous pouvons faire partie de l’empire par notre manière d’agir. Au cours de cette session, nous avons partagé des témoignages sur la manière dont la mission est contextualisée et rendue pertinente dans différentes régions, et sur la manière de décoloniser l’Église en introduisant une théologie afrocentrique ou asiatique afin de briser les comportements cycliques existants et la mentalité culturelle systémique issue de la colonisation. Un témoignage kenyan a été présenté sur l’engagement des femmes dans l’étude biblique contextuelle afin de les autonomiser, de les conduire vers une théologie participative et de les aider à briser le cycle. Les programmes missionnaires devraient autonomiser leurs bénéficiaires en étant économiquement viables, écologiquement rationnels et durables. L’Église devrait cesser de maintenir le statu quo et commencer à s’engager auprès de la société et des communautés afin de devenir pertinente dans le contexte. Le Christ est toujours pertinent, et l’Église devrait suivre son exemple.
b. Mission et evangélisme
Il a été reconnu que le terme « évangélisation » peut être intimidant et qu’il est plus utile de discuter des petites actions et des choix délibérés qui ont le pouvoir de transformer des vies. L’expérience du Royaume-Uni, qui a modifié la culture et le système de son Église afin de mieux servir ses fidèles et de mettre en place des structures de gouvernance appropriées, a été présentée. À la suite de la pandémie, davantage de personnes ont commencé à s’engager et à rejoindre l’Église. Une culture ecclésiale saine aide les membres à s’identifier à celle-ci et à se sentir en sécurité et bienvenus. Un leadership solide, des équipes d’action, des petits groupes et des systèmes de contrôle sont également importants. Une croissance intentionnelle implique de changer le statu quo, ce qui entraînerait une résistance à laquelle l’Église doit se préparer.
c. Œcuménisme transformateur

Les participants ont été sensibilisés à l’importance de l’œcuménisme, en tant que plateforme permettant de renforcer mutuellement les valeurs et l’identité de chaque Église membre, et de considérer l’unité comme un mandat pour la mission et un signe pour le monde. Grâce à l’œcuménisme, la formation peut être dispensée de manière synergique, tout comme le partage des ressources et des initiatives. L’œcuménisme peut créer une voix commune qui fait la différence. Parmi les exemples de leadership œcuménique, on peut citer la protection des migrants avec des témoignages de Colombie et la plateforme d’Églises créée en Suède pour coordonner, entre autres, les ressources humaines, les questions juridiques, les activités, les meilleures pratiques et la pastorale.
d. Mission et discipulat
Le Conseil pour la mission mondiale (CWM) encourage un disciple radical. À travers les témoignages, il est apparu clairement que toutes les Églises membres doivent adopter une approche intentionnelle en matière de formation des disciples. Toutes les Églises ont été invitées à identifier leurs marques missionnaires et à développer des outils solides de formation des disciples qui soient pertinents, participatifs et engageants dans leurs contextes respectifs.
3. Liberté de religion et de croyance (FORB)
Au cours de ces cinq jours, Mme Katherine Cash et Mme Kristina Patring, membres du Conseil suédois, nous ont présenté le thème de la liberté de religion et de croyance (FORB). Elles nous ont expliqué que la FORB nous concerne tous, car elle fait partie de la Déclaration universelle des droits de l’homme et peut toucher n’importe qui, n’importe où et n’importe quand. Pour qu’une communauté prospère, chaque individu doit être libre de choisir sa religion et ses croyances. La FORB est une plateforme de formation et une communauté qui s’engage à changer les mentalités, à améliorer les connaissances et les compétences, et à encourager les actions qui favorisent l’engagement ; c’est la co-création d’une nouvelle communauté basée sur l’écoute et le respect. Lors de la création, Dieu nous a donné le libre arbitre, c’est pourquoi la religion et les croyances ne devraient jamais être imposées ou contraintes à quiconque. Les gens devraient être libres de penser, de croire, d’appartenir, de remettre en question et de réfuter. Chaque église ou organisme religieux qui est institutionnellement autonome a des droits et des responsabilités, et la FORB devrait être l’un de leurs outils institutionnels. Les limites et les violations de la FORB ont été présentées, ainsi que la manière dont elle peut être mise en œuvre au sein de différentes communautés. Cela nous a permis de comprendre le contexte de
chaque église membre. Dans mon groupe, il y avait des participants venus d’Inde et de Nauru, et leurs témoignages m’ont fait réaliser à quel point nous avons de la chance à Maurice de pouvoir pratiquer notre foi sans craindre d’être persécutés.

4. Sensibilisation par immersion
Nous avons participé à un programme d’immersion avec Sorya, une ONG kenyane locale qui aide les mères adolescentes à devenir indépendantes et à se réinsérer dans la société. Les histoires de ces jeunes filles étaient émouvantes, et l’impact de Soraya sur la vie des habitants des banlieues que nous avons visitées était tangible.
Mise en réseau
Cette conférence a également été l’occasion de nouer de précieux contacts avec diverses Églises membres du CWM.
J’ai rencontré le pasteur Triomphe Randriamisaina de la FJKM, les nouveaux responsables de la formation
et de l’évangélisation, avec lesquels j’ai discuté de la possibilité d’offrir une formation théologique à Madagascar. J’ai également souligné l’importance de centraliser la communication entre les responsables d’Église
afin de renforcer notre partenariat et notre rayonnement. Nous avons discuté de la possibilité d’envoyer une petite
délégation à Madagascar pour consolider ce partenariat.
J’ai également discuté avec le révérend Song Hee Chai, de Corée du Sud, qui m’a expliqué comment l’Église presbytérienne de Corée du Sud mène à bien son travail missionnaire. Elle a récemment été nommée responsable de la mission et de l’évangélisation.
Le révérend Graham McGeoch (secrétaire de la CWM pour la formation des disciples et la mission) m’a invité à participer à de futures discussions sur la FORB, car la CWM souhaite commencer à la mettre en œuvre et à l’intégrer dans sa stratégie missionnaire.

Recommendations and plans d’action
À partir des différentes discussions auxquelles j’ai participé, je voudrais humblement partager les recommandations suivantes :
• Identifier de manière intentionnelle et systématique nos programmes missionnaires, petits et grands. Cela implique d’identifier les besoins dans les différentes régions afin d’apporter une restauration et un soutien holistiques.
• Le département de la jeunesse a récemment rédigé un projet intitulé « Sa Nou Avenir », qui vise à autonomiser les jeunes Mauriciens en matière de santé holistique, de résilience et de leadership en créant des champions de la jeunesse. L’œcuménisme est l’un des moyens d’y parvenir. Le département de la jeunesse pourrait coordonner un plan d’action visant à contacter les responsables religieux et à lancer une consultation œcuménique des jeunes sur le sujet, en soulignant l’importance et l’impact de la collaboration.
• Examiner le plan stratégique et visiter chaque paroisse avec le comité du projet afin de les aider à identifier les besoins des communautés environnantes et à élaborer un programme missionnaire concret pour les années à venir.
• Il est également important de traduire le plan stratégique en termes simples afin qu’il soit compréhensible par tous les membres de l’Église, ce qui encourage l’appropriation des plans, des activités, de la vision et de la mission.
• L’évangélisation et la mission transformatrices consistent également à être une voix prophétique. L’Église presbytérienne de Maurice devrait être disposée à parler au nom du peuple et à dénoncer certains systèmes qui entravent l’épanouissement de la vie.
• Au niveau de l’Église, je voudrais commencer à former des animateurs à l’étude biblique contextuelle et développer du matériel d’étude biblique pertinent pour l’Église presbytérienne de Maurice. Ces sessions ont ravivé mon amour pour la Parole de Dieu, ainsi que ma passion pour l’enseigner aux autres et leur inspirer un amour pour elle.
• Initier les membres de l’Église à la FORB, en commençant par les membres du PC et des conseils paroissiaux. Ensuite, aborder le thème avec d’autres Églises partenaires locales et institutions chrétiennes, puis présenter le sujet au conseil des religions.
Gratitude
Je tiens à remercier l’église de m’avoir donné l’occasion de participer à cet atelier. Il a été édifiant, révélateur et transformateur. Après avoir suivi l’École de formation des disciples il y a quelques années, je me suis senti appelé à la mission et j’ai voulu poursuivre mes études dans ce domaine et dans celui de l’implantation d’églises. Cette session a ravivé mon désir de terminer mes études théologiques et de retourner à la mission, à l’évangélisation et à l’implantation d’églises. Si Dieu le veut, cela pourrait être la prochaine étape pour moi personnellement.
Conclusion
L’École d’évangélisation transformatrice a fourni une plateforme inestimable pour la réflexion, la collaboration et le renforcement des stratégies missionnaires dans divers contextes.
Les sessions ont souligné la nécessité pour les Églises d’adopter une évangélisation transformatrice qui remet en question le statu quo, autonomise les communautés et favorise une restauration holistique. Les thèmes clés ont renforcé l’importance d’un engagement intentionnel, participatif et prophétique.
À l’avenir, l’Église presbytérienne de Maurice est encouragée à intégrer ces idées dans sa planification stratégique, en veillant à ce que les programmes missionnaires soient adaptés au contexte, coordonnés de manière œcuménique et ancrés à la fois dans la profondeur théologique et la responsabilité sociale. En adoptant l’évangélisation transformatrice comme principe directeur, l’Église peut renforcer sa voix prophétique, favoriser l’unité et contribuer de manière significative à l’épanouissement des communautés au niveau local et mondial.
Mlle Rindra Razanatovo
Secrétaire Administrative
